Témoignage sur la vie familiale

                         Cher Pape François

Je ne sais pas si cela pourra vous servir mais j’ai le désir de vous envoyer ce témoignage de notre vie familiale car il me semble refléter beaucoup des questions qui se posent aujourd’hui en occident car comme toute famille chrétienne nous vivons au cœur de ce monde et nous avons essayé en tâtonnant et en priant de vivre l’Evangile au jour le jour dans notre quotidien.
Nous prions avec vous et pour vous  pour ce synode, confiants en la puissance douce de l’Esprit-Saint qui saura conduire son Eglise vers de « bons pâturages »

Je suis une mère de famille et une grand-mère. J’écris au nom de notre couple. Nous nous sommes mariés en avril 1965 (nous célébrons prochainement nos noces d’or), à respectivement 24 et 23 ans, heureux de nous aimer et de fonder une famille. Nous étions catholiques pratiquants, issus de familles sociologiquement catholiques pratiquants.

Nous avons eu très vite trois enfants en presque trois ans de mariage. Nous avons réfléchi, nous nous sommes renseignés, nous avons aussi pris conscience de ce que nous désirions : une famille ouverte sur la vie, utile aux autres, et qui pouvait accueillir encore un enfant. Mon mari était ingénieur commercial et moi assistante sociale. Nous avons alors choisi un moyen de contraception qui nous convenait et nous l’avons interrompu pour donner naissance à un quatrième enfant. Nous savions que nous ne suivions pas la loi de l’Église qui avait été rappelée par l’encyclique « Humanae Vitae »,  mais nous avons pensé que l’Église se trompait et chargeait les couples d’un fardeau impossible à porter dans la vie actuelle et qu’elle ne prenait pas en compte la capacité de réflexion et de discernement responsable des couples chrétiens. D’autres sont partis, cela n’a pas été notre cas, nous étions tristes de ne pas être compris, comme si on nous traitait un peu comme des enfants incapables de se conduire, mais fermement attachés à notre foi et au Christ que nous commencions à découvrir, ce qui nous aidait à vivre et à travailler comme à élever nos enfants. Et nous pensions que ce n’était pas très grave, que nous ne pouvions pas faire autrement et qu’un jour peut-être les choses évolueraient.

L’un et l’autre nous avons alors commencé un chemin spirituel de conversion et d’adhésion beaucoup plus forte à la personne du Christ et à l’enseignement de l’Évangile, en paroisse mais aussi dans différents mouvements d’Église. Nous avons vécu 5 ans en Amérique latine, à Caracas puis Mexico, et avons pu rencontrer d’autres réalités d’Église. Nous sommes devenus des chrétiens  essayant de vivre cet Évangile dans notre famille, avec l’éducation des enfants, et travaillant dans la mesure de nos moyens à le faire connaître autour de nous.

Notre vie se partageait entre notre activité professionnelle, l’éducation des enfants, la vie amicale et notre participation assez prenante dans différents lieux d’Église, dont par exemple l’œcuménisme avec beaucoup de rencontres avec les protestants, l’organisation de sessions pour les couples, les jeunes, puis les jeunes retraités….

Aujourd’hui comment se porte notre famille ?  Nous avons un peu plus de 70 ans. Chacun de nos enfants est marié et nous avons 9 petits enfants.

Il me semble que notre petite famille est assez révélatrice de la famille aujourd’hui dans notre société.  L’aînée s’est mariée jeune et a eu, comme nous quatre enfants, son mari est cadre dirigeant dans un groupe international et elle-même, écrit des livres pour enfants, elle s’est beaucoup occupée de catéchèse tout en travaillant à mi- temps dans son diocèse. Quand elle a attendu son premier enfant nous avons eu très peur pour ce bébé qui paraissait malade avant même de naître. Nous nous sommes tous réunis et nous avons supplié le Seigneur  d’aider ce bébé. Finalement le bébé est né normal et nous avons été rassurés. Cela a été un grand moment de foi partagée qui nous a beaucoup unis.  Notre fille  a eu une grave maladie à 38 ans et nous avons tous essayé de l’aider à traverser ces moments difficiles dans la mesure de nos moyens tout en priant pour elle.

Notre seconde fille s’est mariée tard et a épousé un homme divorcé qui avait deux enfants. Ce fut dur pour nous. Nous avons peu à peu appris à aimer notre nouveau gendre et ses deux enfants. C’est un homme qui avait beaucoup souffert, médecin et en recherche de sens à sa vie. Notre fille qui est infirmière poursuit aussi des études de théologie depuis 7 ans à l’Institut Catholique de Paris, son mari y a également suivi des cours de théologie puis au centre Sèvres. Ils ont changé de paroisse parce que, dans la première, ils ne se sentaient pas accueillis mais supportés. Aujourd’hui ils se sentent tout à fait acceptés et aimés dans leur nouvelle paroisse. Mais ils vivent difficilement le fait d’être exclus à vie de l’Eucharistie et du sacrement de réconciliation. Pas plus eux que nous, nous ne comprenons cette intransigeance de l’Église :   Ils s’occupent bien de leurs enfants, les élèvent chrétiennement, ils sont fidèles l’un à l’autre, pourquoi devraient-ils payer toute leur vie une erreur de jeunesse ? Le Christ, il me semble dans l’Évangile, nous montre le Père comme un Dieu de miséricorde, prêt à pardonner chaque fois qu’on revient à Lui. Lors des multiplications des pains, Jésus donne à tout le monde « tous mangèrent et furent rassasiés ». Qu’il y ait un cheminement pour accéder à ces deux sacrements après un divorce je le comprendrais, et eux aussi,  pour qu’on s’assure de la solidité de ce qui se vit aujourd’hui, mais voyez- vous, qu’on ne puisse pas pardonner, cela ne me paraît pas évangélique. Je ne remets pas en cause l’indissolubilité du sacrement du mariage, je comprends qu’on ne redonne pas le sacrement de mariage, par contre je pense qu’il devrait être mieux préparé et donné qu’aux personnes qui, comme pour le baptême, se sont préparées et ont compris ce qu’est profondément ce sacrement, signe de l’immense amour du Père pour l’humanité. Aux autres qui voudraient entrer dans ce cheminement du Sacrement, on proposerait une bénédiction comme une prière pour demander à Dieu la force et tout ce qui est nécessaire pour vivre ce chemin du mariage.

Notre troisième enfant, un garçon, s’est marié à une jeune fille croyante et tous les deux sont très actifs dans leur paroisse pour aider à la formation des fiancés et des jeunes couples (formation Elle et Lui).

Le quatrième a épousé une jeune fille non croyante. Baptisée bébé, elle n’a reçu aucune éducation chrétienne. Après plusieurs réunions avec un prêtre, elle a accepté de recevoir une bénédiction pour leur mariage et nous célébrerons prochainement avec eux le baptême de leur premier enfant. Nous espérons qu’elle pourra s’ouvrir à la foi chrétienne et nous prions, nos enfants, mon mari et moi beaucoup pour elle.

Pour moi, la famille est le creuset où tous ensemble, les uns par les autres, nous apprenons à vivre en relation, nous apprenons à nous soutenir moralement et physiquement, nous apprenons à aimer la vie et à partager. Et le mariage chrétien permet bien davantage : pouvoir s’appuyer sur le Christ et vivre en Lui permet de traverser les épreuves, de recevoir sa force, d’aider ceux qui autour de nous sont en difficulté et de rester joyeux et confiants dans cet immense amour de Dieu.

Je voudrais aussi dire qu’il ne faut pas développer l’annulation de mariage. Les jeunes et moins jeunes n’en veulent pas, ils ne veulent pas effacer (sauf dans des cas exceptionnels) ce qui a été ; eux-mêmes en tiennent compte et essaient de le vivre le mieux possible. Ils assument la vérité de ce qu’ils vivent et veulent être authentiques, c’est une marque de leur génération et je crois que cela mérite le respect.

Je ne sais pas si mon témoignage pourra vous être utile. Il me semble être révélateur d’une partie des familles chrétiennes de France qui sont restées fidèles à la foi, ont essayé de la transmettre et de la communiquer autour d’eux tout en subissant les aléas de la vie moderne.

Je prie avec toute l’Église pour ce synode sur la famille et j’en espère une prise en compte de la vie du monde d’aujourd’hui afin que le message de l’Évangile puisse se répandre largement au cœur des familles réconciliées.

Marie-Françoise de la Chapelle (en union avec Pierre mon mari)

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Atelier dire la foi autrement – 11 avril 2015

Nous nous sommes réunis le 11 avril au centre spirituel du Cénacle pour un deuxième atelier « Dire la foi autrement ». Notre réflexion a porté sur l’évangile de Jean, chapitre 20, versets 19 et les suivants, passage qui commence ainsi:

« Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » … »

Et voici l’homélie qui en résulte, fruit de nos échanges et de nos choix collectifs.

N’hésitez pas à ajouter vos commentaires!

Prochaine rencontre samedi 11 avril

Notre prochaine rencontre aura lieu le samedi 11 avril de 14 à 17 heures,
comme d’habitude au centre spirituel du Cénacle, 68 rue de Paris à Versailles.
Nous poursuivrons le travail des 3 ateliers :
  • atelier sur l’homélie. Le texte choisi est l’évangile du lendemain Jn 20/19-31
    Vous pouvez y réfléchir dès maintenant.
  • atelier sur les “prières avec les mots de nos enfants”.
    Cette fois-ci, ce sera la Magnificat
  • atelier de partage d’évangile
    Voir dans l’article précédent le résultat de la rencontre précédente.

COMMUNAUTE DE PARTAGE D’ACHERES

Historique de notre groupe

Notre groupe est une communauté de proximité que nous avons choisi d’appeler Communauté de partage d’Achères parce qu’il s’agit d’un lieu où nous échangeons et partageons nos idées, nos interrogations, nos expériences et surtout notre lecture de l’Evangile.

Ce groupe est né du questionnement que nous avions les uns et les autres en ce qui concerne certaines positions institutionnelles de l’Eglise (remariage des divorcés, contraception, procréation assistée, mariage des homosexuels, référence systématique au péché et à la mort …). Certaines de ces positions provoquaient en nous un profond malaise. Nous étions à plusieurs à nous éloigner de l’Eglise notamment en participant de moins en moins aux messes dominicales.

Sur les conseils d’un prêtre d’une autre paroisse, nous nous sommes rapprochés de la CCBF dans un premier temps via le site internet, puis, en participant à une rencontre à Versailles en juin 2013 (réunion plénière où il était question des communautés de proximité).

Nous y avons tout de suite vu la possibilité à un niveau local, de se sentir moins isolé, de pouvoir échanger autour de l’Evangile en apportant chacun une lecture différente, de recréer du lien et bien sûr de ne pas quitter l’Eglise.

Il s’agissait aussi pour nous de saisir une opportunité : apporter une autre voix sur la paroisse, toucher ceux et celles qui se sont éloignés de l’Eglise, et aussi constituer un groupe qui puisse modestement, faire d’autres propositions pour notre vie paroissiale.

Au retour de cette réunion à Versailles, nous avons très rapidement décidé d’essayer de créer une communauté à Achères. Nous avons proposé à plusieurs personnes autour de nous, des personnes que nous pensions susceptibles d’être intéressées, de se joindre à nous (juillet 2013).

Lors de cette première réunion, la parole a été donnée à chacun et tous ont pu exprimer ce qu’ils ressentaient, parfois le découragement et la tentation d’abandonner les engagements pris. Il est intéressant de constater qu’à l’issue de cette réunion, nous étions nombreux à partager le sentiment qu’il fallait continuer à s’engager, rester, « ni partir, ni se taire ».

Il nous a semblé important dès le mois de juillet, que le prêtre de notre paroisse en soit informé. Ce qui a été fait. Nous gardons d’ailleurs contact avec lui pour lui faire part de nos rencontres et parfois de nos réflexions.

Nos rencontres

Nous nous retrouvons (une dizaine de personnes) tous les mois (8 à 9 fois par an) entre laïcs autour d’une lecture de l’Evangile du dimanche suivant, autour d’un texte (exemple interview du Pape aux jésuites) ou encore d’un thème. Nous essayons, « chacun apportant sa pierre à l’édifice », d’avoir une lecture de l’Evangile pleine d’espoir et de joie.

Nous échangeons également sur ce que chacun peut vivre de son côté dans les mouvements ou associations dans lesquels il est impliqué. Nous nous retrouvons (pour ceux qui le souhaitent) le dimanche qui suit, à la messe.

Nous avons plaisir à nous y retrouver et la participation à cette communauté nous incite à persévérer dans nos engagements sur la paroisse.

Nos projets

  • Continuer
  • Agrandir la communauté (avec également une ouverture aux personnes issues d’autres paroisses)
  • Créer et maintenir le lien
  • Inviter des témoins
  • Réfléchir à des thèmes (ex : quelle Eglise demain pour nos jeunes ? C’est quoi pour toi le carême ?…)
  • Etre force de propositions pour notre paroisse
  • Favoriser la création d’autres communautés dans notre paroisse et dans d’autres paroisses
  • Envisager des rencontres œcuméniques…

Ce qui nourrit notre groupe

  • La joie de nous sentir aimé de Dieu
  • Nos rencontres avec l’équipe CCBF de Versailles
  • Notre participation au week end de rentrée d’Issy les Moulineaux
  • Les engagements des membres de notre communauté (catéchisme, aumônerie, Conseil Pastoral, Fraternité Saint Martin*, Maraudes, ACO, Secours Catholique, scoutisme, entraide scolaire et autres associations …)
  • Le vécu de chacun (participation à des messes ou des cérémonies dans d’autres paroisses, nos lectures personnelles…)

*La Fraternité Saint Martin est un groupe constitué par des paroissiens qui mettent en relation des personnes ayant des besoins (accompagnement, entraide, spirituels, religieux …) et des personnes proposant ces services, le but étant de favoriser le lien entre les paroissiens.

Contact : communautepartageacheres@gmail.com

Rencontre sur le synode sur la famille le 11 mars 2015

Baptisé-e-s 78 organise une rencontre/débat sur le questionnaire préparatoire au Synode sur la Famille,
le 11 mars 2015, de 20h à 22h, au Centre spirituel du Cénacle, 68 avenue de Paris à Versailles.
Claudine Onfray, gynécologue et déléguée diocésaine à la santé des prêtres dans son diocèse,
responsable au sein de la CCBF de la synthèse des contributions, animera le débat.
Pour répondre au plus près aux questionnements qui sont les nôtres,
l’intervenante souhaiterait avoir connaissance des réflexions des uns ou des autres
sur une, deux ou trois des 46 questions, réflexions que vous auriez élaborées seuls ou en paroisse.
Merci d’envoyer vos contributions à 78ccbf@gmail.com AVANT le 2 mars impérativement.Quelques livres seront disponibles lors de cette soirée. Et participation aux frais pour le Cénacle: 5€

Merci de partager cette invitation avec les membres de vos réseaux : le peuple de Dieu a la parole!

Atelier: dire la foi autrement

Le 24 janvier 2015, nous nous sommes retrouvés au Cénacle à Versailles, pour notre atelier « Dire la foi autrement ».

Comme prévu, trois groupes ont travaillé pendant deux heures:

– le groupe homélie a préparé et prononcé une homélie sur un texte de l’Evangile

– le groupe Notre Père a essayé de reformuler la prière des chrétiens pour la rendre compréhensible par des enfants

– le groupe évangile a travaillé sur un texte d’évangile pour le rendre intelligible à des auditeurs d’aujourd’hui, croyants ou non croyants

Le résultat du travail des deux premiers groupes peut être vu ci-dessous:

N’hésitez pas à commenter!

Le résultat du troisième groupe sera visible très prochainement!